Quel parent n’a pas vécu cette situation ? L’enfant se réveille tout à coup au milieu de la nuit en pleurant. Maman se réveille, accourt et lui dit doucement : «Qu’est-ce qu’il y a mon cœur ? Tu as fait un mauvais rêve. Ce n’est pas grave. Rendors-toi ! Je suis là.».  

Si cette désagréable situation se répète, elle entraîne alors plusieurs questions pour le parent. Pourquoi mon enfant  fait-il des cauchemars ? Est-ce  que c’est  normal ? Est-ce de ma faute ? Comment puis-je aider mon enfant à ne plus  faire  des  cauchemars ? Devrais-je réveiller mon enfant qui hurle de peur  en  dormant ?  Mon enfant qui n’arrive pas à s’endormir facilement souffre-t-il  d’un manque  de  sommeil qui aura plus tard une incidence sur son développement ou son comportement ? Nous allons répondre à ces questions, et, certainement, à d’autres.  

De quoi se compose le sommeil ?  

Le  sommeil se compose de quatre stades passant d’un sommeil léger à un sommeil très profond : 

 1  –  L’endormissement.  Nous  sommes entre deux  états, ni  tout à  fait éveillés, ni tout à fait endormis. 

2 –  Le sommeil léger.  C’est une période composée  de  rêves  flous,  le  sommeil  est très  léger  et  un  simple bruit peut  nous réveiller. 

3  –  Le sommeil profond. Lors de ces stades,  le  sommeil  est  très  profond,  le pouls  et  la  respiration  sont  lents  et réguliers.   Nous  sommes  généralement immobiles et réagissons très peu aux bruits ou  à  la  lumière.   Par  contre,  le  tonus musculaire  est  conservé.  Le  sommeil paradoxal  (ou  de  rêve) est  caractérisé par une activité mentale rapide et intense et un pouls  rapide.   On  peut  remarquer  le mouvement  rapide  des  yeux  sous  les paupières closes.  Dans cette période, il y a une perte  du tonus musculaire.  C’est  une période  de  paralysie  transitoire  qui disparaît à notre éveil.  C’est d’ailleurs ce qui nous empêche de réagir physiquement pendant nos rêves.

Les  troubles du sommeil auront plus tard une incidence sur le   développement ou le comportement ?   

Le sommeil joue un rôle important dans le développement.  Un enfant qui se  réveille souvent pendant la nuit peut avoir quelques soucis pendant la journée. 

Des études sur des enfants  d’âge  scolaire  montrent  que l’interruption du sommeil pendant la nuit peut donner lieu à des problèmes d’irritabilité, d’hyperactivité  et  d’attention chez l’enfant. 

Ajoutez à ces inconvénients, le stress et les tensions entre les parents et les  disputes qui s’ensuivent. Il faut donc prendre au sérieux les peurs qui s’installent  avant et pendant le sommeil. 

Votre enfant a du mal à s’endormir ?

Tous  les  soirs, votre enfant vous répète inlassablement le même  scénario :  il  vous supplie de ne pas aller se coucher, il traîne, il veut rester avec vous sur le divan et regarder aussi la télé.  Vous vous impatientez, vous lui rappelez  d’aller  se  brosser les dents parce qu’il doit aller se coucher, mais il fait semblant de ne pas vous entendre…. 

Votre enfant ressent le besoin de tester vos limites,  il  ne  veut  pas  se  détacher  de  la  vie familiale  et  voit le dodo  comme une perte de temps.

Ainsi,  il  redoute  la  séparation  et l’inactivité ! Quand vous l’avez finalement mis au lit, votre enfant exige que vous lui racontiez une  petite  histoire. Terminée  la  lecture,  vous lui dites : « Maintenant que j’ai terminé de te lire la petite histoire, tu vas faire dodo… ». Il n’en n’est pas question, votre enfant se lève, il vous  dit qu’il  ne veut pas dormir et  veut  que vous restiez pour lui faire compagnie. Ce petit manège risque de se prolonger…  à  tel  point que vous risquez de perdre la patience. L’heure du coucher se transforme ainsi en un véritable cauchemar !  

Ne vous dites pas que votre enfant est une exception. C’est normal, à partir de deux ans, tous les enfants n’acceptent plus facilement d’être mis au lit. Ils ont besoin d’être rassurés, de suivre plusieurs rituels avant de s’endormir. 

Tout cela demande du temps, ça  peut  durer jusqu’à  trente  minutes.  Sachez que  tous  ces rituels le protègent de la peur. Mais ne laissez pas votre enfant établir trop de rituels. Dites-le-lui  fermement  que  ça  suffit  lorsque  vous considérez  que  son manège devient excessif.Mais, heureusement, quand  votre enfant aura satisfait tous ses petits rituels, il s’apaisera et dormira tranquillement jusqu’au matin.      

Il est possible que votre enfant ne trouve pas le sommeil une fois couché. Il a peut-être besoin de peu de sommeil ou vous le couchez trop  tôt.  Pour  y  remédier,  essayez de trouver son rythme et  l’heure à laquelle les  signes de fatigue  arrivent, et apprenez-lui à les reconnaître.  Aussi, au moment du coucher, sécurisez votre enfant avec des câlins et un moment de paroles et d’échange afin qu’il puisse évacuer ses soucis de la journée. 

Mais pour la plupart des enfants, ce sont les peurs qui retardent le sommeil :  

  • la peur du noir ; 
  • la peur des monstres, la peur que quelqu’un s’introduit dans la maison ; 
  • la  peur de la solitude, d’être abandonné.  Au fur et à mesure que l’enfant grandit, le sommeil prend un nouveau sens :  il faut se séparer des parents. Ne vous inquiétez donc pas, si votre enfant se lève de son lit et accourt vers  le salon  où vous êtes en train de regarder la télé :  il veut tout simplement se rassurer que vous soyez encore là !   

La peur du noir et des monstres   

En grandissant, l’enfant est de plus en plus conscient de son environnement et différentes peurs apparaissent. Chaque période à ses peurs. Vers  deux  ans,  c’est  surtout la peur de séparation qui rend l’absence de lumière désagréable. Quand, après lui avoir donné un bisou, vous éteignez la lumière, votre visage qui rassure et réconforte disparaît. Et l’absence de lumière ne lui permet  plus  de vérifier si vous êtes encore là et que vous ne l’avez pas abandonné. Ajoutez  à  cette peur, le fait que l’enfant ne voit pas non plus ce dont il est entouré. 

Vers  4  ans,  la  peur du noir s’alimente de la peur des personnages fantastiques (monstres, fantômes, géants, ogres, sorcières,  etc.). Cette fois-ci,  juste  après son coucher,  votre enfant vous  rappelle,  avec le visage pâle et  terrifié, parce qu’il voit un monstre sur le mur qui veut s’en prendre à lui. 

Une autre fois, il voit une sorcière qui le quête. Un autre soir, il perçoit des gnomes. De votre côté, vous allez tout simplement découvrir que le  monstre  sur  le  mur  était un reflet d’un meuble, la sorcière était un peignoir accroché à la  porte,  les  gnomes  étaient  des  petites voitures…  À cette période, l’imagination fonctionne en plein régime, tout objet peut se transformer en un monstre, fantômes, géant, ogre, sorcière, etc.…

Comment dois-je réagir ?   

« Un enfant a peur du noir. Il s’adresse à sa tante qui est dans la pièce à côté : Parle-moi car j’ai peur. La tante répond : à quoi cela te servirait-il, puisque tu ne vois pas ? Alors l’enfant dit : il fait plus clair lorsque quelqu’un parle. » Freud 

  • Entourez-le de calme et prévenez-le qu’il va bientôt être l’heure de se coucher.  L’enfant doit être rassuré, tranquillisé. 
  • S’il y a un bruit qui le dérange, expliquez-lui l’origine de ce bruit peu rassurant.  
  • Montrez-lui que les plus grands dorment aussi dans l’obscurité.  
  • Proposez-lui une promenade dans la maison et demandez-lui, sous forme de jeu, de reconnaître les objets de sa chambre, en les touchant.  
  • N’éteignez pas la lumière rapidement si votre enfant est encore dans un état de tension. 
  • Si la peur du noir persiste,  prenez au sérieux sa peur. Il convient en effet de respecter les peurs des enfants afin de les aider à les combattre et à grandir. Vérifiez avec lui qu’il n’y a rien mais évitez cependant de rentrer dans son jeu.  Dites-lui que vous êtes à côté et que vous veillez sur lui.  
  • Demandez-lui de décrire, comme nous avons déjà dit, le plus précisément possible les raisons de sa peur du noir :  « De quoi as-tu peur ? De te perdre ? De l’apparition du loup, d’un monstre ? »  Une fois la nature de la peur mieux identifiée, dites-lui que vous et lui allez faire le nécessaire pour faire disparaître sa peur. Le dialogue avec l’enfant est important.

Que puis-je faire ? 

Installez une veilleuse ou proposez-lui une lampe de poche. L’important consiste à lui donner le contrôle de la lumière : c’est lui qui pourra allumer en cas de besoin. Cela peut déjà suffire à le rassurer, sans avoir besoin d’utiliser la lampe. Laissez-lui la porte entrouverte et de la lumière dans le couloir, si cela peut rassurer un peu plus votre enfant. Mais attention, ne faites pas trop de concessions, sinon vous risquez d’entrer dans une surenchère. Il va vous demandez une lumière, puis deux, la lumière dans le couloir, la porte grande ouverte, etc. Si vous lui accordez ce qu’il demande, vous déplacerez le problème, sans le régler. 

Posez des sticks fluorescents sur les points stratégiques par exemple, sur la poignée de la porte et l’interrupteur – pour l’aider à se repérer. Vous pouvez aussi créer un petit chemin par terre ou sur le mur jusqu’à la porte. Avant de le coucher, proposez-lui de tester ce parcours avec la lumière éteinte. De cette manière, vous lui faites ainsi apprivoiser l’obscurité. 

Achetez des petites étoiles phosphorescentes laissant percevoir la nuit comme une amie magique plutôt que comme une ennemie… 

Votre enfant vient dans votre lit  

Votre enfant vous appelle, en larmes, sort de son lit et vous rejoint dans le vôtre. Il a fait  un cauchemar et a besoin d’un câlin. Vous êtes fatiguée, certainement attendrie… vous vous dites : « Pourquoi ne pas le garder dans notre lit ». Ne cédez pas !  Remettez-le dans son lit, restez près de lui, consolez-le… et retournez vous recoucher sans  lui. Vous l’aidez ainsi à se structurer et à connaître les limites entre son territoire et le vôtre.  

Souvenez-vous qu’il est facile de créer rapidement une mauvaise habitude en acceptant que l’enfant vienne dormir dans votre lit. Il est possible que par la suite, chaque fois qu’il se réveillera dans la nuit, peu importe la raison, il voudra vous rejoindre dans votre lit. Il prendra goût à votre présence pendant la nuit. Il peut même se mettre à s’éveiller après chaque cycle de sommeil. Et voilà que ce qui était au début un cauchemar pourrait se transformer en trouble du sommeil.  

Votre enfant a besoin de repère et limite clairs ; qu’il comprenne que votre lit n’est pas le sien et que, symboliquement, il ne doit pas prendre la place du papa. Souvenez-vous que laisser dormir votre enfant dans votre lit risque d’entraîner des troubles chroniques du sommeil. Et dites-vous aussi que vous lui rendez service plus tard. Si votre couple ne va pas bien, évitez que le père dorme dans le salon ou que le parent privilégie la relation avec l’enfant parce qu’un sentiment de toute-puissance peut s’installer.  

Que dois-je faire ?

Auparavant, les psychologues conseillaient aux parents de raccompagner systématiquement l’enfant dans son lit.  Aujourd’hui, nous sommes plutôt de l’avis que si cette attitude ne devient pas une véritable habitude, si vous n’en souffrez pas en tant que parents, vous pouvez accueillir de temps en temps votre enfant dans le lit conjugal. Mais sachez que votre rôle est de l’aider à dormir seul dans son lit.  

Voici quelques conseils :  

  • Décidez avec votre conjoint les étapes qui conduiront votre enfant à dormir dans son lit.  
  • Si vous décidez de ne pas l’accueillir dans votre lit, accompagnez-le alors en douceur dans son lit (même s’il pleure).  
  • Laissez-lui un objet qui le rapprochera de vous ( votre oreiller par exemple).  
  • Dites-lui que chacun doit avoir son espace et expliquez-lui que si ses parents dorment ensemble c’est parce qu’ils sont mariés, et que, quand il sera grand et il sera marié, il dormira aussi avec son épouse.  
  • N’oubliez pas de l’encourager : « Je sais que tu es capable, j’ai confiance en toi ».  
  • Fournissez-lui des moyens de surmonter ses craintes.  

Est-ce que les rêves des enfants ont un sens ?  

« Les rêves « produits » chaque nuit, tout au long d’une existence, sont à entendre parmi les langages les plus riches. Les rêves sont l’équivalent de langages codés que nous utilisons à l’égard de nous- mêmes pour accéder à une vérité difficilement recevable autrement».  J. Salomé  

Qui ne saurait pas dire ce que veut dire le rêve suivant ? Une personne se trouve dans un  dessert et s’endort, et elle rêve d’être sur une terrasse d’un bar en face d’une piscine et un  serveur vient lui servir un grand verre de limonade avec des glaçons. C’est une journée  très ensoleillée, les rayons du soleil le dérangent…Il se réveille ! Ce rêve, comme tous les rêves, a un sens qui est le suivant : je réalise mon souhait de boire. Le rêve est l’accomplissement d’un souhait, d’un désir qui n’a pas pu être réalisé. Mais Freud disait aussi  que le contenu du souhait est presque toujours caché. Les rêves des tout-petits sont une  exception. À partir de deux ans jusqu’à quatre ans, les enfants racontent souvent des rêves qui reflètent un désir frustré de la journée qui n’est pas caché. Votre enfant pourra, par exemple,  rêver de manger une glace au chocolat parce que pendant la journée vous lui avait refusé une glace au chocolat. À partir de quatre ans, les rêves s’enrichissent et se compliquent, et leurs sens deviennent de plus en plus difficiles à comprendre.  

Mais il y a aussi des rêves qui se présentent différemment. Pendant la journée nous vivons  des moments difficiles et il y a des situations qui nous suscitent de la peur. Notre souhait serait alors de ne pas ressentir cette peur.  

Pendant la nuit, nous voudrions réaliser ce souhait. Comme d’habitude, nous mettons en images et en émotions dans le rêve la situation désagréable de la journée pour réaliser notre  souhait de ne pas ressentir la peur. Mais voilà qu’il y a un petit imprévu, la peur surgit quand même. Ce type de rêve s’appelle un cauchemar. Mais pourquoi notre rêve n’a-t-il pas réussi à réaliser ce souhait ? Tout simplement parce que cette peur cache un problème que vous n’avez pas encore résolu. 

Les cauchemars  

« Monstres sous le lit, voleurs entrés par la fenêtre, fantômes qui prennent une forme humaine, sorcière à ballet… »  

Votre enfant sursaute en pleine nuit et pleure à chaudes larmes. Vous allez vers lui et vous demandez ce qui se passe. Il vous raconte des faits irréels que vous avez du mal à comprendre. Votre enfant a eu un cauchemar. Mais ne vous inquiétez pas, tous les enfants font des cauchemars, c’est normal. Une enfant qui fait un cauchemar se réveille souvent mal à l’aise, il a le cœur qui bat vite, il transpire, il est apeuré et désorienté 

Si les rêves protègent toutes nos nuits et nous font agréablement dormir, en revanche les cauchemars rendent le sommeil plus agité, angoissant et peu réparateur. Le cauchemar est un rêve désagréable qui provoque de la peur et de l’angoisse. Comme tout rêve, le cauchemar survient généralement à la fin de la nuit, lorsque le cycle de sommeil profond s’achève.  

Il s’agit de la phase paradoxale du dormeur. Les cauchemars sont plus marquants aux petites heures du matin. Généralement, l’enfant se souvient des cauchemars. Ils sont composés et racontent une histoire généralement incohérente, mais qui reste toujours une histoire, que l’enfant voudra vous raconter, si l’âge le lui permet. La frayeur de l’enfant peut être très intense. Les petits racontent souvent qu’ils rêvaient qu’ils étaient en danger.  

Les cauchemars perturbent environ 5 à 10 % du sommeil des enfants de tout âge. Les cauchemars se produisent plus fréquemment entre deux ans et six ans et ils s’estompent généralement vers cinq ans pour revenir vers dix ans. Il disparaît ensuite complètement.  

Que faire pour apaiser votre enfant ?  

Voici quelques conseils utiles :  

  • En aucun cas, vous ne devez paniquer en venant de votre chambre à la sienne.  
  • Rassurez votre enfant, essayez de le consoler en parlant doucement. Allumez une lumière très douce, prenez-le dans vos bras et bercez-le doucement. Laissez-le s’apaiser lentement avant de le recoucher.  
  • Étant fort angoissé, il se peut qu’il ne veuille plus retourner dans son lit de crainte d’y retrouver son fantôme. Prenez le temps qu’il faudra pour l’aider à se calmer et à se rendormir dans son lit. Dites-lui que tous les enfants font des cauchemars.
  • Expliquez-lui qu’il s’agit d’un « mauvais rêve ». Demandez-lui de vous le raconter pour lui faire verbaliser ses angoisses. N’essayez pas de comprendre ce qu’il raconte, car il pourrait encore se perdre dans les explications.  Avant de vous recoucher, assurez-vous que votre enfant soit bien en sécurité dans son lit et dorme dans les meilleures conditions (température, sonorité, décoration, etc.). Montrez-lui que vous avez bien tout vérifié et qu’il n’y a rien à craindre dans sa chambre.  
  • Pour les enfants à peine plus âgés, Françoise Dolto prescrivait trois moyens pour les apaiser :  
    I. Une petite lampe à proximité du lit de l’enfant pour reprendre contact avec la réalité.  
    II. Un verre d’eau pour retrouver le contact avec soi-même.  
    III. Un bloc de feuilles à dessiner et des crayons pour évacuer l’angoissante.  

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